Fiche

 

Sur le travail industriel

Auteur(s):
Max Weber

Collection : UBlire

Discipline(s) : Sociologie

Parution: 10/2012,
ISBN: 978-2-8004-1496-6
Nombre de pages: 176 pages
Prix: 8,5 €
Préfacier: Introduction et postface de Pierre Desmarez et Pierre Tripier
Traducteur: Paul-Louis van Berg

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Synopsis

Peu après avoir publié L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme et son célèbre article sur l’objectivité dans les sciences et la politique sociales, Max Weber contribue à la conception et à la réalisation d’une vaste enquête sur le travail industriel en Allemagne centrée sur la question du recrutement et de l’adaptation des travailleurs, organisée à l’initiative du Verein für Sozialpolitik. C’est à l’occasion de cette entreprise qu’ont été rédigés les deux textes dont des extraits sont rassemblés dans ce volume.

Le premier est le manuel que Weber rédige à l’intention des enquêteurs mobilisés à travers l’Allemagne. Il y explique les objectifs du travail de terrain, formule une série de mises en garde et de principes destinés tant à sensibiliser les chercheurs aux différents aspects du problème qu’à standardiser et donc à rendre comparables les données récoltées. Le lecteur verra que la méthode proposée dans cette Introduction reste à bien des égards digne d’inspirer les praticiens d’aujourd’hui.

Le deuxième texte, Psychophysique du travail industriel, révèle une facette souvent méconnue de l’œuvre de Weber, puisqu’on y trouve une partie des résultats d’une étude minutieuse consacrée au travail des ouvriers et des ouvrières d’une usine textile de Westphalie. S’appuyant principalement sur les documents de l’entreprise, Weber décrit et s’efforce d’expliquer les oscillations des rendements des travailleurs, en mettant ces dernières en relation avec les salaires, le temps de travail, les techniques, l’ancienneté, l’instruction, les origines et la situation personnelle et familiale des ouvriers. Ce faisant, il montre en quoi les conditions de la grande industrie transforment en profondeur le travail humain et apparaît ainsi comme un pionnier de l’analyse sociologique du travail qui, tout en se centrant sur l’activité de l’atelier, s’efforce d’en comprendre le fonctionnement en le replaçant dans le contexte du capitalisme.



Compte rendu

« Manuel à l’usage des enquêteurs, relativement court (35 pages), le premier de ces deux textes est d’un grand intérêt pour appréhender les procédés alors en usage (mais aussi, en creux, les insuffisances des enquêtes antérieures), et s’inscrit sans nul doute dans une histoire de la sociologie qui permet d’en mieux comprendre les grandes ruptures. Le deuxième, plus long, étayé par des éléments quantitatifs, en livre les résultats et se révèle forcément plus daté. Il s’agit d’extraits d’un recueil d’articles de Weber sur « la psychophysique du travail industriel », le labeur en ce cas des ouvriers, hommes et femmes, d’une usine textile de Westphalie, ce qui présente notamment l’intérêt de nous rappeler qu’il n’y avait pas que de la métallurgie dans la Ruhr. Les questions du rendement et, in fine, de la productivité préoccupent particulièrement le sociologue qui tente d’en recouper les variations avec divers éléments : le salaire, la durée du labeur, la carrière du travailleur et le jour de la semaine certes, l’âge, le sexe et la nuptialité également, mais aussi le rapport de l’ouvrier à son travail (le passage sur le freinage est pour le moins intéressant), les techniques en usage et même l’hygrométrie.
Ce n’est cependant pas parce qu’ils n’étaient auparavant connus que des quelques spécialistes que la publication en français de ces textes doit modifier fondamentalement la perception que nous avons de l’œuvre de Max Weber. Ils sont atypiques par leur forme tout comme par leur objet au sein de l’œuvre du sociologue allemand, sauf si nous pensons qu’ils participent de l’étude du système capitaliste. Et c’est sans aucun doute cette démarche qu’il faut déceler à travers la rigueur même d’une approche qui les place au sein d’un long continuum, sans leur faire perdre leur caractère précurseur, et peut aussi faire comprendre ces textes comme un moment d’une sociologie du travail qui se qui se concentre sur l’atelier, la manufacture, l’usine ».

L'Ours,  mensuel socialiste de critique littéraire culturelle artistique, n° 424, janvier 2013, p. 3 (Christian Chevandier).

« Parsemés d’intuitions et de résultats originaux, dont certains nourriront ultérieurement la sociologie du travail d’Allemagne et d’ailleurs, ces deux textes doivent être lus, ainsi que le suggèrent en introduction Pierre Desmarez et Pierre Tripier, dans le cadre des débats du début du 20e siècle sur la performance industrielle et la fatigue. Sur ce sujet, Max Weber dialogue avec le physicien et industriel Ernst Abbe et, surtout, avec le psychiatre Emil Kraepelin. Il fait plus que cela encore puisque ses réflexions sur le travail industriel peuvent être considérées, ainsi que l’a notamment noté Wolfgang Schluchter, comme des jalons précieux en direction de ce qui deviendra sa sociologie compréhensive. Il faut
signaler, enfin, la qualité de la traduction offerte par Paul-Louis van Berg, toute d’élégance pour un texte difficile car souvent exigeant sur le plan technique et statistique ».
Revue française de science politique, vol. 63/5, 2013, p. 44-45, http://www.cairn.info/revue-francaise-de-science-politique-2013-5-page-948.htm(Michel Lallement – CNRS-Cnam, LISE).

Autre compte rendu:

Le Monde diplomatique, janvier 2013 (Gabrielle Balazs): http://www.monde-diplomatique.fr/2013/01/BALAZS/48623




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