Fiche

 

Histoire de l'idée d'Europe

Auteur(s):
Federico Chabod

Collection : UBlire

Discipline(s) : Histoire

Parution: 02/2014,
ISBN: 978-2-8004-1554-3
Nombre de pages: 240 pages
Prix: 9 euros
Préfacier: Irene Di Jorio
Traducteur: Paul-Louis van Berg

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Synopsis

« Comment et quand nos ancêtres ont-ils pris conscience d’être européens ? » Un des plus grands historiens italiens du XXe siècle retrace l’histoire de cette conscience telle qu’elle s’est développée dans le cadre d’une tradition de pensée qui part des Grecs pour aboutir à la fin du XIXe siècle. Tiré de cours et de conférences donnés à l’université de Milan (alors que la ville était occupée par les troupes nazies et les milices fascistes) en 1943-1944, et à Rome en 1947-1948 et en 1958-1959, le livre de Chabod s’inscrit dans la grande tradition de l’histoire des idées, en suivant l’évolution de l’idée d’Europe chez les intellectuels européens, depuis la Renaissance, qui y réinscrit l’héritage antique, jusqu’aux Lumières et à la Restauration, en faisant de la liberté comme qualité substantielle du gouvernement, la base commune de l’idéal européen.



Compte rendu

"En 1943, à l'Université de Milan, l'historien Federico Chabod décida de consacrer son cours d'histoire moderne à deux thèmes qui étaient au cœur des problèmes politiques et culturels de l'époque: l'idée de nation et l'idée d'Europe. Ce choix n'était pas innocent: celui qui, quelques mois plus tard, allait entrer dans la Résistance dans le Val d'Aoste sous le nom de guerre de Professor Lazzaro entendait ainsi s'opposer aux idées portées par les fascistes italiens, précisément repliés à ce moment-là à Milan et dans la « République sociale italienne » d'un Mussolini finissant en dépit de l'appui des nazis. Concernant la nation, explique Irene Di Jorio dans son introduction, il apportait ainsi une « réponse académique engagée aux canons de l'historiographie officielle fasciste et à ses fondements », dénonçant notamment une « manipulation politique du passé afin d'exclure l'influence de la Révolution française et la centralité de la valeur de liberté ». Pour ce qui est de l'idée d'Europe, il procédait à une déconstruction de l'instrumentalisation qui en était faite par les fascistes, son propos visant à montrer qu'elle était un concept « moderne », fruit non point de l'antiquité ou de la chrétienté médiévale mais bien « des méditations des Lumières » qui s'étaient transformées en sens commun, en « communis opinio » à la même époque, mouvement que devait freiner et occulter la montée en puissance des nationalismes jusqu'à la tragédie des deux conflits mondiaux. Dans ce cours qu'il a repris - et enrichi - par la suite à la Faculté des lettres de l'Université de Rome pendant les années académiques 1947-1948 et 1958-1959, Federico Chabod offre donc « une histoire des pensées sur l'Europe » à la fois engagée mais de grande rigueur scientifique, fondée sur cette approche décrite par l'historien lui-même: « c'est la foi en quelques valeurs suprêmes morales et spirituelles créées par notre civilisation européenne qui a suscité le désir de refaire l'iter mot latin dénotant le chemin, le trajet - précise le traducteur de cette civilisation et, avant tout, de répondre à la question de comment et quand nos ancêtres ont pris conscience d'être européens ». Ces notes de cours ont été publiées en italien par des amis de Federico Chabod un an après son décès en 1960. C'est leur traduction française, due à Paul-Louis van Berg, qui est fort heureusement présentée un peu plus de cinquante ans plus tard dans ces pages", Agence Europe, Bulletin n° 11116 (Michel Theys).

 

"Les éditions de l’université de Bruxelles ont l’heureuse idée de rééditer le livre de cet humaniste éclairé sur l’idée d’Europe, posthume et composite, réalisé à partir de ses cours de 1943-1944, 1947-1948 et 1958-1959. Le contexte dramatique de la guerre et les problèmes de la reconstruction ne sont évidemment pas étrangers à ces travaux, mais Chabod enseigne d’abord la nécessité d’une mise à distance critique avec son époque. (…) Une réflexion évidemment datée aujourd’hui mais toujours séduisante, évolutive et nuancée, qu’il est intéressant de rapprocher des analyses développées par Jaurès sur l’idée de nation et même sur l’Europe dans l’Histoire socialiste de la Révolution française et L’Armée nouvelle. Une traduction et une édition des plus utiles" (Robert Lindet, Cahiers Jaurès, 2014/4, n° 214, p. 201-202, http://www.cairn.info/revue-cahiers-jaures-2014-4-page-201.htm)

 

Eléments pour la civilisation européenne, juillet-septembre 2014, n° 152.




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