Fiche

 

Staline, Truman et la capitulation du Japon. La course à la victoire

Auteur(s):
Tsuyoshi Hasegawa

Collection : Histoire, conflits, mondialisation

Discipline(s) : Histoire

Parution: 03/2014,
ISBN: 978-2-8004-1559-8
Nombre de pages: 352 pages
Prix: 25 €
Préfacier: Pieter Lagrou
Traducteur: Michèle Mat

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Synopsis

« C’est donc une histoire sans héros ni vrais scélérats non plus – juste des hommes. La fin de la guerre du Pacifique fut en dernière analyse un drame humain dont la dynamique fut déterminée par les caractéristiques très humaines des participants : l’ambition, la peur, la vanité, la colère et les préjugés ». Ainsi se termine l’ouvrage de Tsuyoshi Hasegawa consacré aux derniers mois d’un conflit qui mit aux prises trois acteurs : les Etats-Unis, l’Union soviétique, souvent négligée par les historiens qui ne lui réservent d’habitude qu’un rôle secondaire, et le Japon.

Grâce à ses connaissances linguistiques exceptionnelles et à un examen minutieux des archives américaines, russes et japonaises, Hasegawa déconstruit sans complaisance les mythes accrédités par les histoires « nationales » d’un des épisodes les plus dramatiques du siècle dernier et dénoue un à un les fils de l’intrigue complexe qui aboutit au largage de la bombe atomique sur Hiroshima et à l’entrée en guerre de l’URSS.  Pourquoi Truman et Staline refusèrent-ils de transiger sur l’exigence de capitulation sans conditions imposée au Japon ? Pourquoi les Japonais s’accrochèrent-ils si longtemps à l’espoir vain d’une médiation soviétique pour mettre un terme à la guerre ? Pourquoi Hirohito décida-t-il d’imposer sa « décision sacrée » d’arrêter la guerre à son gouvernement et à son armée ? Le Japon aurait-il fini par capituler sans la bombe atomique ?

Telles sont quelques-unes des questions abordées dans un ouvrage passionnant où Hasegawa réussit le pari d’allier la rigueur de l’historien à un indéniable talent de narrateur.

 



Compte rendu

"Ce livre, traduction d’un ouvrage publié en anglais en 2005, est une excellente étude d’histoire des relations internationales. À partir de sources américaines, russes et japonaises, l’auteur s’efforce avec succès de reconstituer jour après jour, parfois heure par heure, l’ensemble de négociations et de contacts qui ont conduit au lâcher des bombes atomiques, suivi de la capitulation inconditionnelle du Japon. La précision des détails est mise au service d’une mise en perspective d’ensemble" (Jacques Frémeaux, Les recensions de l'Académie des sciences d'outre-mer)

 

« Les raisons ayant amené à la capitulation du Japon restent sujettes à des interprétations diverses et partisanes. L’ombre de la bombe atomique plane évidemment sur cette question. Son usage sur Hiroshima et Nagasaki et l’horreur que connurent ses victimes furent-elles vraiment les seules raisons de la capitulation japonaise ? Fut-elle le seul moyen d’éviter la mort de dizaines de milliers de soldats américains sur les plages de l’île de Kyushu ? L’unique but était-il d’obtenir cette capitulation sans conditions du Japon chère à Roosevelt et à Truman ou fut-elle aussi un avertissement envers l’Union soviétique de Staline ainsi qu’un pas de plus vers l’antagonisme bipolaire qui se dessinait déjà entre les deux superpuissances ?
La traduction en français de l’ouvrage de Hasegawa Tsuyoshi, Racing the Enemy. Stalin, Truman, and the Surrender of Japan apporte une contribution importante à ces problématiques aujourd’hui encore d’actualité tant elles mettent en jeu les nationalismes d’après-guerre de chacun des belligérants. Pour y faire face, Hasegawa Tsuyoshi a conduit un travail documentaire des plus remarquables en utilisant les sources et archives des trois acteurs principaux de ce conflit : le Japon, les Etats-Unis et l’URSS. Ainsi, il parvient à brosser un tableau qui rend compte de la complexité des échanges et des enjeux politiques, diplomatiques et idéologiques. La qualité du travail de Hasegawa Tsuyoshi est de parvenir à dépasser le cadre des échanges entre puissances pour proposer, sources primaires à l’appui la vision la plus claire possible des tensions internes à chaque gouvernement, et leur fonctionnement » (Grégoire Sastre, Cahiers Jaurès, 2014/4, n° 214, p. 24-27, http://www.cairn.info/revue-cahiers-jaures-2014-4-page-201.htm)

 

"La publication de cet ouvrage a suscité de nombreux débats au sein de la communauté des historiens, alors même que le livre accumulait les récompenses tant aux États-Unis qu’au Japon. Cette controverse ne doit pas surprendre au vu de son ambition : présenter un tableau de la fin de la guerre au Japon qui prenne en compte de manière égale les débats au sein du gouvernement japonais, les ambitions de Staline et les intérêts de Truman. La question à laquelle Tsuyoshi Hasegawa se propose de répondre appartient aux plus grandes controverses du 20e siècle : comment fut fait le choix de recourir aux bombes atomiques.
L’argument généralement utilisé pour justifier les bombardements de Hiroshima et de Nagasaki est que le Japon n’aurait jamais accepté de capituler sans ce double choc, Truman aurait fait ce choix pour épargner la mort de nombreux soldats américains. Or ici, Hasegawa livre une tout autre interprétation : il veut démontrer que c’est l’entrée en guerre de l’URSS plus que les bombes atomiques qui a précipité la défaite du Japon.

Cet ouvrage est remarquable (...) pour son approche transnationale, et surtout parce qu’il suscitera certainement de l’intérêt pour le rôle du Japon dans cette défaite. En effet, la contribution de Hasegawa la plus originale, en tout cas pour l’historiographie en langue occidentale, réside dans son analyse de la façon dont l’État japonais a pris la décision de capituler. Les divisions au sein de l’État et entre factions pour ou contre la poursuite de la guerre, le rôle de l’empereur sont décrits avec minutie, ce qui n’a jusqu’ici jamais été le cas en dehors du Japon" (Constance Sereni, Vingtième Siècle. Revue d'histoire, 2014/4, n° 124, p. 217).

 

L'Ours, n° 439, juin 2014, p. 7 (Sylvain Boulouque).




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