Fiche

 

La crise de vingt ans, 1919-1939. Une introduction à l’étude des relations internationales

Auteur(s):
E. H. Carr

Collection : UBlire

Discipline(s) : Science politique

Parution: 09/2015,
ISBN: 978-2-8004-1592-5
Nombre de pages: 352 pages
Prix: 11,5 €
Préfacier: Dario Battistella
Traducteur: Michèle Mat

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Synopsis

« E. H. Carr est l’un des penseurs les plus originaux et les plus intéressants du xxe siècle qui ait étudié les relations internationales. Les idées de Carr sur la nature des affaires internationales méritent toute notre attention. Tous ceux qui s’intéressent à la politique internationale devraient lire ce livre » (Robert Gilpin, professeur émérite en politique et affaires internationales, Chaire Eisenhower, Princeton University).

« Jamais La crise de vingt ans de Carr ne s’est révélée aussi utile dans les débats sur la politique internationale qu’aujourd’hui » (Fred Halliday, professeur de relations internationales, London School of Economics).

Souvent rééditée et réimprimée, traduite en plusieurs langues, La crise de vingt ans, 1919-1939 est un classique de la théorie des relations internationales. Publié à l’automne 1939, alors que la seconde guerre mondiale venait d’éclater, le livre s’est imposé de part et d’autre de l’Atlantique comme un ouvrage fondateur d’une discipline encore embryonnaire. E. H. Carr fut l’un des intellectuels les plus influents et les plus controversés du xxe siècle. Les sujets et les thèmes qu’il développe dans ce livre dédié « à ceux qui vont bâtir la paix de demain » ont conservé tout leur intérêt aujourd’hui lorsqu’il est question du pouvoir – militaire, économique ou sur l’opinion – et de sa répartition dans le système international.



Compte rendu

" Est-il bien utile de publier à nouveau, en langue française cette fois, un livre qui en était au stade des épreuves alors qu'éclatait la Seconde Guerre mondiale ? Oui, à l'évidence, car cette « pièce d'époque », comme l'a lui-même qualifié son auteur lors de la sortie de la deuxième édition au sortir du conflit mondial, est depuis devenue un classique de la théorie - alors naissante - des relations internationales. Lorsqu'il le rédige, Edward Hallett Carr vient de quitter le Foreign Office pour occuper la Chaire Woodrow Wilson à l'University College of Wales à Aberystwyth. Ce diplomate historien, rappelle le Pr. Dario Battistella (Sciences Po Bordeaux) dans sa préface à cette édition française, « s'était entiché de l'Union soviétique suite à la crise de 1929 qui, d'après lui, avait démontré la nécessité de réformes dont l'Occident libéral semblait incapable ». Le rapprochement possible entre 1929 et la crise née en 2008 est à lui seul une incitation à se plonger dans cette étude qui voit son auteur critiquer la domination de la puissance libérale britannique alors même que les penseurs de la politique internationale qu'il traite d'utopistes, « les idéalistes de l'entre-deux guerres », se contentent de vouloir la juger intangible alors même qu'elle chancelle. Dans ce livre que le politologue de Bordeaux qualifie « d'inspiration indissociablement réaliste et marxiste », Carr dénonce une « situation dans laquelle une entité est en position d'imposer, grâce au pouvoir tant matériel qu'idéologique qui est le sien, un ordre conforme à son intérêt, que cette domination soit celle des classes dominantes en interne ou des puissances satisfaites à l'international ». Difficile de nier que ce réquisitoire puisse encore entrer en résonance avec le monde qui est le nôtre. En réalité, sa lecture est d'autant plus appropriée que d'autres idées soulevées par l'auteur à l'origine semblent conserver toute leur pertinence, par exemple lorsqu'il avance que le pouvoir est déterminant en politique internationale, s'appuyant sur le pouvoir militaire, bien sûr, mais aussi sur le pouvoir économique - utilisé par les puissances qui (comme l'Union dans certains cas ?) est utilisé, ainsi que le résume le Pr. Battistella, « par ceux qui, leur sécurité assurée, peuvent se permettre de ne pas recourir à la force brute pour atteindre leurs objectifs » - et le pouvoir sur l'opinion, cet « art de convaincre » qui, observe le politologue bordelais « permet aux puissants de reproduire l'ordre existant en faisant passer leur propre politique comme relevant de la moralité ». On le voit, bien des thèmes abordés restent de parfaite actualité. C'est d'autant plus vrai que Carr, convaincu que « peu de choses perdurent dans l'histoire », pressentait que le concept de souveraineté serait inéluctablement « plus brouillé et mal défini » qu'il ne l'était (déjà) dans l'entre-deux guerres, lui qui jugeait: « Il est peu probable que les unités de pouvoir à venir s'embarrassent beaucoup de la souveraineté formelle ». Sur ce point, il ne se trompait que sur l'obstination de certains à s'accrocher à une souveraineté formelle en lambeaux…" ( Michel Theys, Agence Europe, bulletin quotidien n° 11516, mars 2016).




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